Sona, une école dans le massif du Simien (Ethiopie)

image gratuite libre de droits Simien Ethiopie

Extrait du récit « Seyssinet-Pariset/Addis-Abeba – novembre 2015- juillet 2020 – Petites chroniques chaotiques d’engagements divers » par Hervé Doulat. L’ensemble du récit est lisible en ligne. Retrouvez l’histoire de notre Fondation en vidéo dans cet article.

Premiers pas à Sona

L’ancienne école de Sona comprend trois bâtiments construits en U. Faits de torchis, sans fenêtre, sans mobilier, avec un sol en terre battue, ils menacent de s’effondrer. Mais elle existe et les habitants en sont très fiers ! 400 enfants entre 6 et 14 ans la fréquente quotidiennement.

En Éthiopie, comme dans bien des pays dont la France ou la Suisse, l’Éducation Nationale prend en charge les enseignants tandis que la commune doit fournir le terrain et les bâtiments. Dans des communautés rurales de montagne comme à Sona, particulièrement pauvres, l’effort est considérable, énorme. Souvent même insurmontable et l’immense majorité des enfants du Simien ne va pas à l’école, purement et simplement.

Géographiquement, comme le montrait la vue depuis l’Imet Gogo dont je parlais plus avant, la communauté de Sona est formée d’une constellation de hameaux, véritables pôles familiaux de 3 ou 4 huttes. 8000 habitants habiteraient sur le plateau de Sona mais aucun élément ne permet de confirmer la précision de ce chiffre… Il n’y a donc pas de centre-ville ou centre-village, de bourg où se concentrerait les services, commerces, église… à proprement parler.

L’école sur le promontoire

L’école et les 2 églises sont construites à l’écart des habitations, plus ou moins au centre du plateau, sur des promontoires pour faciliter la convergence des élèves ou des fidèles. A noter : les églises de Sona (chrétiennes orthodoxes) ont été construites bien avant l’école dont le bâtiment le plus ancien a une quinzaine d’années à peine.

ecole sona simien ethiopie
L’ancienne ecole de sona – simien ethiopie

C’est donc après une très longue journée de marche depuis Cheneck qu’enfin nous retrouvons notre équipe cuisine & logistique qui a installé le bivouac au centre de l’école. Le cuisinier a organisé ses outils et provisions dans l’une des salles de l’école tandis que son adjoint a déjà monté les tentes. En effet, avec l’aide de mules et de leurs muletiers, l’équipe logistique arrive quelques heures avant nous, au prix d’une marche forcée et de quelques raccourcis secrets. Comme à chaque fois, nous sommes accueillis par une merveilleuse collation de thé et café, avec des biscuits et des graines de céréales grillées. 

Les pieds à l’air et torse nu nous nous débarbouillons tout en nous restaurant. Melese, le directeur de l’école est là et nous observe. Il discute avec Daniel qui fini par nous le présenter et nous annoncer le programme de la soirée, qui est un peu particulier. Daniel a une relation affective forte avec la population de Sona et l’aide du mieux qu’il le peut. Chaque fois qu’il passe avec un groupe de touristes, il en profite pour les immerger quelques heures dans le système éducatif éthiopien et les sensibiliser aux difficultés de cette communauté rurale. 

L’éducation en Ethiopie : le choc culturel

Découvrir les conditions de travail des élèves et de leurs enseignants est un choc. Entassé à 50 ou 60 dans une salle de 30 ou 40m2 à peine, assis par terre ou sur des troncs d’eucalyptus, tous travaillent dans une pénombre qui permet à peine de distinguer le tableau noir. L’immense majorité des élèves ne dispose même pas d’un cahier et d’un stylo et se contente d’écouter leur professeur. Le toit de tôle, sommairement isolé par des toiles de jute tendues, renvoie une chaleur étouffante quand le soleil brille. Et quand il pleut, le bruit est infernal et le froid mordant…

Ce qui frappe également, c’est la détermination des parents et des enseignants à offrir à leurs enfants la possibilité d’étudier. La nécessité de l’éducation est une évidence partagée par tous les habitants de Sona, c’est la seule façon qu’ils ont identifiée d’améliorer leur futur et celui de leurs enfants. Cette haute conscience des habitants de Sona et les efforts associés forcent le respect dans un environnement social aussi dur, où l’illettrisme règne, la mortalité infantile très élevée à l’inverse de l’espérance de vie, et que l’autarcie agricole est la norme avec ce qu’elle induit de fragilité sociale et de pauvreté.

Naissance de la vocation humanitaire

Le soir autour du feu, Daniel finit de nous raconter son histoire avec Sona. Il nous propose de contribuer à une collecte, ce que tout le monde fait bien volontiers. Grâce aux collectes organisées par Daniel au fil des années et de ses passages avec des groupes de trekkeurs, le troisième bâtiment de l’école a vu le jour. L’effort de Daniel est fantastique mais hélas tellement insuffisant… Éric et moi sommes captivés par le récit de Daniel et de son épopée pour bâtir coûte que coûte, pierre par pierre, cette école. Mais aussi bouleversés par un tel dénuement : quelle différence de traitement entre ces enfants des hauts plateaux éthiopiens et nos petits européens…

Nous nous découvrons, avec Éric, un nouveau point commun : l’injustice nous révolte !

Histoire de la Fondation 2015-2019

Voici la vidéo qui retrace notre parcours humanitaire, débuté comme le narre cet article.

Soutenir notre ONG

Vous pouvez nous soutenir en faisant connaitre notre action. Vous pouvez également, et très facilement, faire un don depuis la Suisse ou toute autre pays européen.

FAIRE UN DON